jeudi 9 avril 2009
Réservistes de la Police Nationale mobilisés !
« En application des textes réglementaires, un plan de rappel de la
réserve statutaire de la police nationale a été défini dans la
perspective de répondre aux rappels individuels ou collectifs du
ministre chargé de l’intérieur en cas de menace ou de troubles graves à
l’ordre public. Il prévoit notamment que les services d’emploi prennent
contact avec les réservistes statutaires afin que chacun d’entre eux
connaisse son poste d’affectation. Pour le 30 juin, l’ensemble des
réservistes statutaires devront être affectés de manière opérationnelle. »
Source : Tout Est Dans Tout
(On retrouve également l'information sur le site Bellaciao.)
mardi 7 avril 2009
Délinquants Solidaires

Objectif chiffre pour 2011 de reconduites a la frontiere 28000
Objectif chiffre pour 2011 d’interpellations d’aidants 5500
source : Projet de Loi de Finances 2009

Nous
sommes tous concernés par ces objectifs chiffrés, parce qu’ avant
d’être «sans-papiers», ces hommes, ces femmes et ces enfants sont des
personnes en difficulté, isolées et démunies et il est de notre devoir
de citoyen de les aider dans la dignité et le respect dû à chaque être
humain.
Mercredi 8 avril 2009, à 13h00,
à Paris, Lille, Marseille, Strasbourg, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Rennes et dans des dizaines d'autres villes en France, nous serons 5 500 au moins à nous présenter comme prisonniers volontaires, affirmant avoir, un jour, aidé un homme ou une femme sans-papiers en difficulté. Nous serons 5 500 citoyens décidés à rester des « aidants » !
vendredi 3 avril 2009
La politique de l'immigration de Nicolas Sarkozy et les libertés publiques
Conférence-débat : Lundi 6 avril 2009 à 20h00 à l’Ecole Normale Supérieure, Salle Jules Ferry, 29 rue d’Ulm 75005 Paris
avec
Eric Fassin, sociologue , ENS, département des sciences sociales ;
Michel Feher, philosophe, Président de l’association cette France-là ;
Pierre Lauret, philosophe, Collège International de Philosophie ;
Mathieu Potte-Bonneville, philosophe, Collège International de
Philosophie
Le 16 décembre 2008, trois philosophes (Yves Cusset, Sophie
Foch-Rémusat, Pierre Lauret) se rendaient à Kinshasa pour participer
à un colloque de l’Agence Universitaire de la Francophonie sur « La
culture du dialogue et le passage des frontières ». Pour avoir
seulement posé des questions à des policiers escortant deux Africains
menottés et expulsés, P. Lauret, a été débarqué de l’avion, placé en
garde à vue, et inculpé d’ « opposition à une mesure de reconduite
frontière » et d’ « entrave à la circulation d’un aéronef ». A leur
retour Yves Cusset et Sophie Foch-Rémusat ont eux aussi été placés en
garde à vue, sous l’accusation d’outrages et de menaces contre
l’escorte policière.
Cette affaire pose une première question :
que reste-t-il des libertés publiques lorsqu'il n'est pas permis aux
citoyens de poser des questions à des policiers sur la nature de leurs
actes? Plus généralement, elle s’insère dans le dispositif législatif,
administratif et policier de la politique d’immigration conduite sous
l’égide du Président Sarkozy. Elle est donc l’occasion d’interroger la
nature de cette politique, ses intentions, la pertinence de ses
arguments, et les résultats auxquels elle parvient, à partir du livre
récent «cette France-là», qui en dresse un premier état des lieux
annuel, et en renouvelle l’analyse. Avec E. Fassin, M. Feher et M.
Potte-Bonneville, qui y ont contribué, nous examinerons deux questions.
La politique d’immigration de N. Sarkozy, qui engage notre
responsabilité historique, mérite-t-elle d’être soutenue ? Que
révèle-t-elle de l’impact de la présidence de N. Sarkozy sur l’état de
la démocratie en France ?
jeudi 2 avril 2009
Histoire d'un cours interdit
[Par Claude-Marie Vadrot]
« Je suis inquiet, très, très inquiet...
Vendredi dernier, à
titre de solidarité avec mes collègues enseignants de l’Université de
Paris 8 engagés, en tant que titulaires et chercheurs de l’Education
Nationale, dans une opposition difficile à Valérie Pécresse, j’ai
décidé de tenir mon cours sur la biodiversité et l’origine de la
protection des espèces et des espaces, que je donne habituellement dans
les locaux du département de Géographie (où j’enseigne depuis 20 ans),
dans l’espace du Jardin des Plantes (Muséum National d’Histoire
Naturelle), là où fut inventée la protection de la nature. Une façon,
avec ce « cours hors les murs », de faire découvrir ces lieux aux
étudiants et d’être solidaire avec la grogne actuelle mais sans les
pénaliser avant leurs partiels.
Mardi, arrivé à 14 h 30, avant les
étudiants, j’ai eu la surprise de me voir interpeller dés l’entrée
franchie par le chef du service de sécurité tout en constatant que les
deux portes du 36 rue Geoffroy Saint Hilaire était gardées par des
vigiles...
- « Monsieur Vadrot ? ».
- euh...oui
- Je suis chargé de vous signifier que l’accès du Jardin des Plantes vous est interdit.
- Pourquoi ?
- Je n’ai pas à vous donner d’explication....
- Pouvez vous me remettre un papier me signifiant cette interdiction ?
- Non, les manifestations sont interdites dans le Muséum.
- Il ne s’agit pas d’une manifestation, mais d’un cours en plein air, sans la moindre pancarte...
- C’est non....
Les étudiants, qui se baladent déjà dans le jardin, reviennent vers
l’entrée, le lieu du rendez vous. Le cours se fait donc, pendant une
heure et demie, dans la rue, devant l’entrée du Muséum. Un cours qui
porte sur l’histoire du Muséum, l’histoire de la protection de la
nature, sur Buffon. A la fin du cours, je demande à nouveau à entrer
pour effectuer une visite commentée du jardin. Nouveau refus, seuls les
étudiants peuvent entrer, pas leur enseignant. Ils entrent et, je
décide de tenter ma chance par une autre grille, rue de Buffon. Où je
retrouve des membres du service de sécurité qui, possédant
manifestement mon signalement, comme les premiers, m’interdisent à
nouveau l’entrée.
Evidemment, je finis par me fâcher et exige, sous
peine de bousculer les vigiles, la présence du Directeur de la
surveillance du Jardin des Plantes. Comme le scandale menace il finit
par arriver. D’abord parfaitement méprisant, il finit pas me réciter
mon CV et le contenu de mon blog. Cela commence à ressembler à un
procès politique, avec descriptions de mes opinions, faits et gestes.
D’autres enseignants du département de Géographie, dont le Directeur
Olivier Archambeau, président du Club des Explorateurs et Alain Bué,
insistent et menacent d’un scandale.
Le directeur de la
Surveillance, qui me dit agir au nom du Directeur du Muséum (où je
pensais être honorablement connu), commençant sans doute à discerner le
ridicule de sa situation, finit par nous faire une proposition
incroyable, du genre de celle que j’ai pu entendre autrefois, comme
journaliste, en Union soviétique :
- Ecoutez, si vous me promettez
de ne pas parler de politique à vos étudiants et aux autres
professeurs, je vous laisse entrer et rejoindre les étudiants...
Je promets et évidemment ne tiendrais pas cette promesse, tant le propos est absurde.
J’entre donc avec l’horrible certitude que, d’ordre du directeur et
probablement du ministère de l’Education Nationale, je viens de faire
l’objet d’une « interdiction politique ». Pour la première fois de mon
existence, en France.
Je n’ai réalisé que plus tard, après la fin
de la visite se terminant au labyrinthe du Jardin des Plantes, à quel
point cet incident était extra-ordinaire et révélateur d’un glissement
angoissant de notre société. Rétrospectivement, j’ai eu peur, très
peur... »
NB : j'ai reçu ce témoignage par mail (un grand merci à Dorémi, une fois de plus), mais on peut le retrouver sur les blogs de Claude-Marie Vadrot, L'Horreur Ecologique et Jardinage et Environnement au Naturel.






