lundi 30 juin 2008
La Direction des Affaires Criminelles voit des terroristes partout
Communiqué du Syndicat de la Magistrature (26 juin 2008)
Le 13 juin dernier la
Direction des affaires criminelles et des grâces du Ministère de la
Justice a publié une note à destination des parquets afin de faire face
à « la multiplication d’actions violentes commises sur différents
points du territoire national susceptibles d’être attribuées - ça n’est
donc même pas sûr - à la mouvance anarcho-autonome », notion dont il
convient d’observer l’absence de contours précis.
On y apprend que, « outre des inscriptions sur des
bâtiments publics (en clair, des tags), cette mouvance s’est manifestée
par la commission d’actions violentes en différents points du
territoire national au préjudice de l’Etat et de ses institutions » et
que « c’est aussi à l’occasion de manifestations de soutien à des
prisonniers ou d’étrangers en situation irrégulière (nous y voilà) que
ses membres s’expriment, parfois avec violence ».
Le zèle développé à cette occasion par la Chancellerie
prêterait presque à sourire s’il n’était ensuite demandé aux magistrats
« d’informer dans les plus brefs délais la section anti-terroriste du
parquet de Paris pour apprécier de manière concertée l’opportunité d’un
dessaisissement à son profit » et, par voie de conséquence, de
permettre une extension quasi illimitée d’une législation d’exception.
Cette manière de procéder devrait ainsi permettre – au
prétexte bien commode et très consensuel de lutte contre le terrorisme
– de renforcer la répression à l’encontre des différents acteurs du
mouvement social.
A n’en pas douter, la philosophie générale de cette
note singulière est à rapprocher des propos récemment tenus par le
porte-parole de l’UMP à l’encontre du Réseau Education Sans Frontières
et autres collectifs « faiseurs de provocations » et « semeurs de
désordre » qui - bientôt suspects d’appartenir à cette fameuse
« mouvance anarcho-autonome » - pourront bénéficier d’un traitement
judiciaire de faveur.
Le Syndicat de la magistrature dénonce avec force ce procédé et invite les magistrats à faire preuve du plus grand discernement dans la mise en œuvre de cette scandaleuse dépêche.
A LIRE EGALEMENT :
Mouvance "dénonciation spontanée", sur L'Escalier Qui Bibliothèque
Manifester devient du terrorisme, sur Republicæ
jeudi 26 juin 2008
L'Europe des Chemises Brunes
Dépêche AFP du 26 juin 2008 (15h14), dégottée chez Fanny.
ITALIE : EMPREINTES DIGITALES RELEVEES CHEZ LES ENFANTS DES CAMPS NOMADES
ROME - Le ministre de l'Intérieur italien Roberto Maroni va envoyer
les forces de l'ordre dans l'ensemble des camps nomades du territoire
pour relever les empreintes digitales de tous les occupants, adultes
comme enfants, rapporte la presse jeudi.
"Il
ne s'agira pas d'un fichage ethnique mais d'une garantie supplémentaire
pour la protection de leurs droits", a affirmé mercredi le ministre
devant la Commission des Affaires constitutionnelles de la Chambre des
députés, selon les quotidiens.
"Nous prendrons aussi les empreintes des mineurs pour éviter des phénomènes comme la mendicité. La garde des enfants sera retirée aux parents qui les envoient mendier plutôt qu'étudier à l'école", a indiqué le ministre.
"Ce sera un véritable recensement pour pouvoir garantir à ceux qui ont le droit de rester dans le pays, de pouvoir vivre dans des conditions décentes. Et de renvoyer chez eux ceux qui n'ont pas le droit de rester en Italie", selon Roberto Maroni, membre du parti populiste et xénophobe de la Ligue du nord.
"Le gouvernement veut remettre en cause les fondements de la solidarité, en prenant leurs empreintes digitales aux enfants comme s'ils étaient des criminels", a critiqué Rosy Bindi, une des responsables du principal parti d'opposition, le Parti démocrate (PD).
Le président d'Unicef-Italie, Vincenzo Spadafora a pour sa part exprimé "la stupéfaction et la grave préoccupation" de son organisation à la suite de l'initiative du ministre Maroni.
"On a envie de lui proposer, pour respecter le droit à l'égalité de tous les enfants, de ficher de la même manière tous les enfants italiens. Les enfants roms ne sont pas différents des autres enfants, mais surtout les enfants ne peuvent pas et ne doivent pas être traités comme des adultes", a ajouté M. Spadafora.
Le gouvernement de droite de Silvio Berlusconi a récemment adopté des mesures portant sur la création d'un délit d'immigration clandestine et permettant des expulsions "plus faciles", qui viseraient notamment les immigrés roumains.
Il a imposé l'obligation de disposer d'un revenu minimum d'origine légale et d'un logement décent.
Quelque 342.200 Roumains vivent en Italie, selon les chiffres officiels, mais l'organisation catholique Caritas les évalue à 556.000, un nombre en forte augmentation depuis l'entrée du pays dans l'UE en janvier 2007. Parmi eux, quelque 140.000 seraient des nomades.
SOURCE : Romandie.com
A CONSULTER EGALEMENT : le site d'EURONEWS
lundi 16 juin 2008
Deux lettres à Brice H.
Madame jeanne MOREAU à Hortefeux
envoyé par henrylombard
[Merci à Circé]
vendredi 13 juin 2008
Non à la directive de la honte ! (2)
En janvier dernier, Pema avait relayé ici un appel aux parlementaires européens à "prendre leurs responsabilités et à rejeter" le projet de directive sur l'enfermement et l'éloignement des migrants sans papiers.
Après plusieurs reports successifs, ce projet de directive, jugé "excessif et demesuré" par Sophie Daylac, de la Cimade (voir l'article sur Libération.fr), sera soumis au vote du Parlement Européen le 18 juin prochain (l'accord en première lecture du Conseil sur la directive a eu lieu le 5 juin dernier). Le texte, déjà fort inquiétant au mois de janvier, a été considérablement durci au fil des mois. Amnesty International, qui - comme plusieurs autres associations - a suivi de près les discussions sur la proposition de directive, évoque une "dégradation constante des garanties et de normes en matière de droits humains", au cours du processus législatif.
Différentes manifestations sont prévues contre cette directive de la honte. On peut noter les trois suivantes :
- le 14 juin à Paris, départ de la manifestation à 14 heures, place de l'Odéon
- le 14 juin à Rennes, place de la République à 16 heures
- le 17 juin à Strasbourg, de 18 à 19 heures devant le Parlement Européen (allée du Printemps)
Découvrez Têtes Raides!
samedi 7 juin 2008
Contre les réformes Darcos : la Nuit des Ecoles
Ce matin, on peut lire sur le site de Libé qu'à l'initiative d'un collectif de Loire-Atlantique, une "Nuit des Ecoles" est en train de s'organiser pour le 13 juin.
L'opération a été lancée le 4 juin, avec l'objectif de mobiliser 1000 écoles en 10 jours.

[Cliquer sur l'image pour accéder au blog de la Nuit des Ecoles]
jeudi 5 juin 2008
Naomi Klein, Le capitalisme du désastre
Naomi KLEIN Le capitalisme du desastre
envoyé par Weasreopen
mercredi 4 juin 2008
Arrestation de Gwenola Ricordeau
SOURCE : Indymedia Paris Ile de France
On vient d'apprendre que la sociologue et militante anticarcérale Gwenola Ricordeau a été arrêtée mardi 3 juin à son domicile parisien par des gendarmes venus spécialement de Rennes, dans le cadre d'une commission rogatoire délivrée par un juge de Rennes. D'après la gendarmerie de Rennes, elle serait mise en examen pour "destruction violente" et aurait été placée en garde à vue à Paris.
Gwenola Ricordeau était invitée mercredi 4 juin sur France Culture
pour parler de son livre "Les détenus et leurs proches, solidarités et
sentiments à l'ombre des murs", publié au mois d'avril aux éditions
Autrement.
Pas plus d'informations pour le moment.
Toutes les initiatives de soutien sont les bienvenues.
MISE A JOUR (le 5 juin, à 9h24) : selon un commentaire laissé sur le site Bellaciao, Gwenola Ricordeau aurait été libérée aux environs de 21 heures, hier soir.
A LIRE AUSSI (le 6 juin, à 19h15) : La sociologie à l'ombre des murs, sur le blog L'Escalier Qui Bibliothèque
«Nous allons vers un monde de zombies», interview de Juan Pundik
Article paru sur le site de la revue La Capital, de Buenos Aires, le 12 mai 2008
SOURCE : e-torpedo.net
[Merci à Olgren qui, par son commentaire sur un billet du Yéti, a attiré l'attention sur cet article.]
« Lacan disait que la psychanalyse dispose d’une éthique, mais pas la science. Ainsi,
s’il faut détruire une ville pour essayer une bombe, la science le
fait. La recherche scientifique a donc l’habitude d’être soutenue
financièrement par le pouvoir économique qui, dans le cas qui nous
occupe, est intéressé par le marché des consommateurs de médicaments.
Mais nous sommes un certain nombre à ne pas nous laisser corrompre. »
La
définition du psychanalyste Juan Pundik est un exemple de la position
politique qui soutient son travail depuis plus de trois décennies
contre la maltraitance faite aux enfants. C’est cette tâche qui a,
durant les dernières années, orienté ses actions contre la
médicalisation de l’enfance, un phénomène qui, depuis la dernière
décennie, croît partout dans le monde au baromètre des questions de
marché qui omettent les conséquences graves de cette médicalisation.
Pundik,
résident argentin en Espagne depuis son exil en 1976, s’est rendu dans
sa Buenos Aires natale, pour présenter son travail au congrès de
l’Association Mondiale de Psychanalyse. Cette visite l'a amené à
présenter son travail à Rosario, au Siège de Gouvernement de l'UNR. «
La médicalisation, ce n’est pas le fait de prescrire un médicament,
mais c’est celui d’abuser du médicament de manière généralisée, à
partir des intérêts et des pressions de l'industrie pharmaceutique,
auxquels peu peuvent échapper », a soutenu ce professionnel de terrain,
lors d’une entrevue avec la revue « La Capital ».
Les
avancées dans le domaine vont plus loin à son avis. Depuis 2006, date
après laquelle l'Agence Européenne du Médicament (Emea) autoriserait
l'administration de Prozac à des mineurs de moins de 18 ans, Pundik
dirige la Plate-forme Internationale contre la Médicalisation de l'Enfance
pour dénoncer « cette aberration qui a tenu compte des rapports
effectués par les fabricants de la substance avant les études qui
alertaient sur les risques de celle-ci».
Pour
Pundik, le fait que l’on permette aux laboratoires d’être « juge et
partie » donne une idée du poids de l'industrie pharmaceutique et de
ses intérêts économiques. C’est ce qui l'a motivé à dénoncer cette
situation cinq fois devant le président de la Commission Européenne ,mais désespérant d’obtenir une réponse qui n'est jamais arrivée, il a
décidé de porter sa plaidoirie devant le Parlement européen, qui l’a
entendu et qui effectue maintenant « des démarches » tandis que la
plate-forme continue à rassembler des signatures et des adhésions. La
tendance à médiquer les enfants préoccupe déjà tant les médecins que
les pédagogues qui ne voient pas, dans l'administration de drogues, la
solution aux troubles de l’attention des élèves dans la salle de
classe, étiquetés généralement - comme si cela pouvait s’expliciter
simplement - comme trouble dû à un déficit d'attention avec ou sans
hyperactivité (TDAH).
«
C'est un problème globalisé, il fonctionne de la même manière dans
beaucoup de pays. Certains enseignants font appel aux pères et disent :
« Ou ils médiquent cet enfant, ou ils le retirent de l’école », a
résumé Pundik faisant allusion à une pratique apparemment de plus en
plus fréquente dans les salles de classe : soit, l'étiquetage des
enfants en fonction de ses supposés troubles comme les « attaques de
panique », ADD, ODD, TGD, sans s'arrêter sur leurs causes.
Les
détracteurs de cette façon de faire disent que le médicament, au lieu
de traiter les causes de l'inattention des enfants, cache le symptôme.
Si l'enfant turbulent est un distrait ou un génie ou traverse des
problèmes familiaux, cela reste hors de discussion avec prescription
d’un produit, qui peut être un dérivé d’amphétamine ou un
antidépresseur. Mais sont aussi omis généralement les effets
secondaires des drogues sur les enfants, effets qui peuvent apparaître
quand il sera déjà trop tard.
« J'ai fait l'essai de consommer du méthylphénidate
pendant 30 jours et j’ai pu constater les effets de ce beaucoup
appellent la « cocaïne pédiatrique ». Cette substance est fournie à des
enfants de tout âge, tant en Europe qu’aux Etats-Unis », a averti Pundik.
-Comment la psychanalyse traite-t-elle les enfants hyperactifs ?
-
Pour la psychanalyse, il n'existe pas d’enfant hyperactif. Est
catalogué comme hyperactif un enfant qui n'est pas facile et n'a pas un
bon rendement scolaire. Quand on pense à Borges qui disait que son
éducation s’était terminée quand il est entré à l'école !
- Mais l'enfance de maintenant n'est pas celle d'avant.
-
Les enfants sont de plus en plus intelligents et soucieux, curieux,
mais évidemment donnent davantage de travail que les enfants abrutis
par les médications. C’est aussi du à l’action des laboratoires qui
organisent des campagnes publicitaires contre la dépression infantile,
campagnes au moyen desquelles, au lieu de se demander pourquoi un
enfant est triste, ils le droguent.
- Mais quels effets ont ces médicaments pour qu’ils soient prescrits en classe ?
- Les amphétamines, que nous prenions pour être mieux concentrés quand nous étions étudiants, font
que l’inattentif prête davantage d'attention par l’action du produit
sur les transmetteurs neuronaux. Les enfants sont plus tranquilles,
moins rebelles, mais pendant ce temps, souffrent d’une destruction
neuronale, de changements de conduite, de modifications hormonales,
d’une série d'effets illimités qui peuvent aller jusqu'au décès.
Dominer,
tel est le maître-mot. En effet Pundik ne voit pas seulement dans ce
phénomène un simple négoce : « Il y a une volonté de soumettre, où il
s’avère que le pouvoir est détenu par ceux qui, depuis toujours,
condamnent les autres à la pauvreté ».
- Est une volonté politique ou économique ?
-
Nous allons vers un monde de zombies drogués. Ils veulent des enfants
obéissants et soumis, pour qu'ensuite, une fois devenus grands, ils
soient capables d'obéir aux ordres et, ainsi peut-être, d’avaliser
tranquillement une dictature. Apparemment, les plus rebelles sont très
préoccupants.



